(ou le titre qui fait peur)
Comme on peut s'en douter, partir en Erasmus nécessite de remplir un minimum de critères...et de papiers. Comme ce sont ces formalités administratives qui décident qui peut partir ou non, où, et quels cours il ou elle (ou autre) devra suivre sur place, je vais tenter de vous expliquer ça ici.
Mais avant tout, petit avertissement : ce que je vais raconter ne concerne que ce qui a cours dans mon université - et uniquement les départs en Erasmus, il existe d'autres programmes d'échange - et en plus, ça s'trouve, je vais peut-être dire des conneries parce que je raconte ça de mémoire...donc quoi qu'il arrive : renseignez-vous sur place.
Dès octobre/novembre de l'année précédent le départ : réunions d'information, début des dépôts de candidatures
Et oui, il faut s'y prendre tôt pour partir à l'étranger. Dès le milieu du premier semestre, des réunions sont organisées pour présenter les personnes chargées du départ dans votre UFR
?, les destinations possibles, et pour vous expliquer la procédure à suivre pour les candidatures. Si vous les ratez, c'est pas bien grave : vous pouvez toujours fouiller sur le site de votre université pour savoir qui contacter, les conditions pour pouvoir partir, et pour connaître les destinations disponibles.
Qui contacter ?
Je ne sais pas comment les rôles se répartissent dans d'autres universités, mais en tout cas dans la mienne ça s'organise entre ces bureaux :
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| Oui, je sais, c'est une référence facile. |
- Un secrétariat central des relations internationales, qui s'occupe des échanges au niveau de l'université entière. Ce sont eux qui s'occupent notamment de la gestion des dossiers de bourse.
- Un secrétariat dans chaque UFR, qui se charge de donner les papiers à remplir et de les réceptionner, ainsi - et surtout - que de renseigner les étudiants sur les différentes formalités, et de les y aider.
- Un prof référent dans chaque composante de l'UFR qui va accepter ou non une candidature, et qui va donner des conseils aux étudiants pour guider leur choix de cours dans l'université d'accueil (j'y reviendrai).
Maintenant que vous savez qui s'occupe de ça dans votre université, vous pouvez dès à présent déposer votre candidature...
...Mais avant, est-ce qu'on vous demande un certain niveau ?
Je ne sais pas si c'est le cas dans toutes les universités et dans toutes les UFR, mais de mon côté il faut, pour pouvoir déposer une demande, avoir au moins 12 (ou aux alentours de 12) de moyenne pour partir. Il peut éventuellement être possible de partir avec moins, mais il faut discuter avec le prof qui s'occupe des départs et lui seul le décide. C'est ce que je veux dire par "accepter ou non une candidature", dans le rôle du prof référent.
Il faut savoir que les universités n'envoient pas des étudiants de n'importe quel niveau à l'étranger : l'échange risque d'être compromis à l'avenir si l'on envoie des étudiants qui ratent leur année une fois dans leur université d'accueil. Comme la plupart des étudiants partent pour la L3
?, ils constituent leur dossier en L2 et ne peuvent donc présenter que le relevé de notes de la L1 pour prouver leur sérieux (ou au moins leurs chances de réussir une année à l'étranger). Il est assez rare que les profs connaissent un étudiant dès la fin de la L1, donc les notes constituent le seul moyen pour eux de savoir si l'étudiant a des chances ou non d'avoir son année à l'étranger.
Si vous avez moins de 12 de moyenne en L1, ne désespérez pas. Essayez quand même de vous renseigner, si vous êtes motivé et que vous montrez que vos résultats s'améliorent et s'amélioreront dans l'année, vous pouvez toujours avoir vos chances. Dans le pire des cas, attendez un an et montrez de meilleures notes en L2. Vous partirez pour le M1
?, mais ça vous laisse le temps de peaufiner votre départ et votre choix de destination.
...Mais d'ailleurs, quelle destination choisir ?
Le choix de la destination n'est pas illimité ! Selon l'université de départ, puis selon l'UFR à laquelle vous appartenez, la quantité de destinations accessibles peuvent se réduire considérablement. C'est donc tout à fait possible que la destination de vos rêves (Hawaï, Harvard ou Oxford) ne soit pas disponible. Mais si vous avez envie de partir, vous n'allez pas vous laisser abattre pour si peu (il reste peut-être Nuuk, Vladivostok ou Bakou).
En règle générale, vous pouvez déposer jusqu'à deux ou trois candidatures pour des destinations différentes. Vous pourrez même coupler ces candidatures avec une candidature pour un départ hors-Europe si ça vous amuse. Il faut savoir que le nombre de places par destination et par UFR est limité, et que ceux qui partent pour faire un M1 sont généralement prioritaires sur ceux qui feront une L3. Au final, c'est une commission qui décidera si vous partez, et où (si vous avez fait plusieurs choix). Si - comme moi - vous ne savez pas quelle destination choisir, voici comment je m'y suis pris :
- Europe ou hors-Europe ? J'ai choisi Europe, pour rester raisonnable dans l'éloignement.
- Quelle langue ? Pour moi, c'était l'anglais. Mon espagnol est vraiment trop rudimentaire.
- Quels pays (ou universités) restant(e)s ne me branchent vraiment pas (totalement subjectivement) ? Londres ne m'intéressait pas (trop grand), les pays de l'Est non plus.
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| "Ça va trancher, chérie". |
Il ne devrait pas vous rester tant de choix que ça. Dans mon cas, il n'en restait plus que trois : Copenhague (Danemark), Trondheim (Norvège) et Rovaniemi (Finlande). Me sachant un des rares futurs M1 à partir, je savais que quoi que je choisisse je serais - normalement - pris, j'ai donc dû trancher, et ai opté pour la Laponie après avoir vu que certains points négatifs qui existaient ailleurs disparaissaient là : un bon logement assuré (c'était le cas à Trondheim également), la présence de l'Euro et les cours qui me semblaient plus attirants. C'est nul et insensible comme façon de choisir, mais ça marche bien quand on veut un minimum d'impartialité vu que le subjectif ne marche plus. Je me suis bien entendu renseigné sur la culture locale avant de choisir définitivement, et ça n'a fait au final que confirmer ma préférence.
Le plus difficile est désormais fait mais ça n'est que le début du côté administratif : il reste...
...La constitution du dossier de candidature
Et ça, c'est pas facile. Si vous partez dans une université où les cours ne seront pas en français, il vous faut un certificat attestant de votre talent inné pour les langues étrangères. Au pire, un certificat attestant que vous parlez assez bien la langue de vos cours là-bas pour les comprendre suffira. Il vous faudra sans doute un CV et une lettre de motivation (une lettre par destination différente, même si du coup ça paraît bizarre). Cette lettre ne sera pas forcément à écrire en français.
Il vous faudra également un papier très important : votre contrat pédagogique. C'est sur ce papier que seront inscrits les cours que vous pensez suivre dans votre université d'accueil. Ils doivent être approuvés par votre prof référent pour être valides : c'est lui qui vous dira quels cours doivent absolument y figurer. Pas de panique, il y a toujours moyen de s'arranger pour trouver un cours qui correspond de près ou de loin à ce qu'on vous demande, et on ne vous demandera pas l'exacte réplique de votre année normale en France. Vu qu'il vous faudra au total 60 crédits ECTS - ou moins si vous avez un mémoire à écrire, il restera assez souvent de la place pour choisir des cours qui vous plaisent, dans des domaines pouvant être extérieurs à votre spécialité d'origine : des cours de langue si vous partez dans un pays où l'on parle plusieurs langues, un cours sur la culture locale, un cours de sculpture sur glace...
Ce papier est important dans la mesure où c'est lui qui permet d'assurer une équivalence à votre retour : il vous permet d'être sûr que votre université reconnaisse que l'année passée à l'étranger correspond bien à une année passée sur place.
Selon les universités, vous avez jusque
mi décembre ou mi janvier pour rendre ces dossiers. Mine de rien, il faut s'y prendre tôt pour y réfléchir !
Début février : les résultats, et le début de la paperasse internationale.
C'est maintenant que l'on apprend si on part, et éventuellement où, si jamais on hésitait. Il va donc falloir faire les demandes de bourse : département, région, CROUS, bourse Erasmus. Certaines sont cumulables entre elles, d'autres non, renseignez-vous ! En ce qui me concerne, ma bourse régionale n'est pas cumulable avec ma bourse départementale. Mais, indépendamment l'une de l'autre, elles sont cumulables avec toutes les autres (donc : CROUS + [région OU département] + Erasmus). Si vous êtes déjà boursier du CROUS, la bourse habituelle se cumule avec la bourse de mobilité internationale, ce qui fait une somme assez sympathique.
Que vous partiez hors UE ou pas, il vaut mieux faire une demande de passeport si vous n'en n'avez pas : vous risquez d'en avoir besoin pour rester plus de 3 mois dans un pays de l'UE. Mais ça dépend des pays, alors renseignez-vous. En Finlande, en tout cas, il en faut un pour rester plus de 3 mois sur place.
Entre février et avril, vous allez devoir vous inscrire dans votre université d'accueil. Les procédures sont généralement simplifiées pour les étudiants étrangers, mais ça n'est pas pour autant toujours très simple. Il vous faudra sans doute une nouvelle lettre de motivation, dans la langue de vos cours sur place. Si en plus vous souhaitez suivre des cours de langue sur place (programme EILC/CIEL), préparez-vous à un petit peu plus de papiers.
Juin : le mois où tout s'accélère
Pour chiffrer le truc, plus de la moitié des mails que j'ai envoyé ou reçu en 7 mois de procédure Erasmus l'ont été pendant le mois de juin. En moyenne, c'est un mail par jour ce mois-là.
Le mois de juin, c'est le mois où vous savez si vous validez votre année. Parce que oui, si vous ratez votre année, toute la paperasse que vous avez rempli auparavant n'aura plus aucune importance.
C'est aussi le mois où vous recevez l'acceptation officielle de votre université d'accueil : c'est quand même important, même si ça n'est normalement pas refusé, ainsi que les confirmations d'obtention de bourse.
C'est le mois où il faut commander son billet d'avion (et son éventuel visa), et où il faut trouver un logement si votre université d'accueil ne vous en propose pas.
Mais juin, c'est également le mois où vous vous dites qu'il ne reste - presque - plus rien à faire à part attendre que votre avion décolle. Après avoir rempli des papiers sans me rendre compte d'où tout ça allait me mener, juin a été le mois où j'ai commencé à me rendre compte que j'allais partir, bientôt. Qu'il ne restait que quelques papiers à signer, que mes clefs à rendre, que mes bagages à faire, et que le temps de faire tout ça, j'aurai déjà un pied dans l'avion.