samedi 13 août 2011

Premiers jours en Finlande : les grandes différences - la confiance


En Finlande, il peut être assez déroutant que des précautions qui paraissent nécessaires en France deviennent inutiles. Ce qui est le plus choquant les premiers jours est la façon dont les finlandais abandonnent leurs vélos plus ou moins n'importe où (je me suis fait voler un vélo en France il y a quelques mois, ça n'aide pas). Il y a bien entendu des espaces prévus pour, mais il est assez commun de voir des vélos posés simplement contre un mur, ou laissés sur leur béquille. Ils sont bien entendu verrouillés la plupart du temps avec un antivol généralement basique, mais sans être attachés à quelque chose d'inamovible. En France, un vélo ne tiendrait pas 5 minutes comme ça. En Finlande, il pourrait tenir des semaines.

Cette confiance se retrouve à d'autres niveaux. Tout d'abord, tous les supermarchés n'ont pas de portiques anti-vol. Et toutes les boutiques sont loin d'en avoir. Un café fréquenté par beaucoup d'étudiants permet de se resservir "à volonté" en café une fois qu'on en a acheté un, partant du principe qu'on va être raisonnable. Un vendeur de vélo d'occasion donne les clefs des antivols pour qu'on puisse essayer les vélos, sans venir voir si on ne s'enfuit pas avec. Et après, il prête même des outils pour relever la selle/le guidon.

Une certaine personne qui aurait mieux fait de se taire a récemment déclaré d'un autre peuple nordique (les norvégiens) qu'ils étaient naïfs. Ce qui peut passer pour de la naïveté pour les grands paranoïaques sud-européens que nous sommes s'avère une fois dans ces pays une confiance absolument pas absolue, mais simplement construite sur une base de réciprocité.
Cette photo n'a rien à voir, mais je parle de vélos.

Il n'est plus besoin de démontrer, tant ça a été traité par des chercheurs du monde entier, de nationalités, disciplines, confessions, opinions politiques différentes que nous sommes influencés par les interactions que nous avons avec nos semblables. Aristote disait déjà, il y a super longtemps, que l'homme est un animal social. Il avait raison, le bougre. On a toujours tendance à adapter notre comportement par rapport à notre environnement et à notre entourage : nous avons besoin des autres pour survivre, du coup autant être sympa avec eux. En bref, quand quelqu'un est sympa, et bien on va naturellement (consciemment ou non) essayer d'être sympa aussi, parfois même si on n'aime pas la personne. Ça marche aussi dans l'autre sens : si quelqu'un nous exprime directement ou indirectement qu'il ne nous aime pas, notre comportement  sera influencé réciproquement (consciemment ou non, encore une fois).

Mais cessons ce cours de pseudo-psychologie sociale immédiatement, je ne veux pas vous perdre et ça n'est pas ma spécialité. Là où je voulais en venir, c'est que je ne pense pas qu'un pays où tout le monde se méfie de tout le monde de base, et où on fait confiance au cas par cas vaut mieux qu'un pays où les gens se font plus ou moins confiance sans devenir candides pour autant, quitte à cesser de faire confiance si un problème se posait. C'est juste deux façons de voir le monde, et les autres. Il y en a bien entendu une que je préfère, mais ces manières de voir le monde dépendent de l'histoire du pays et de ses moeurs, tout se vaut au final, rien n'est vraiment totalement interchangeable. La majorité des français ne tolèreraient pas un tel mode de pensée, et c'est leur droit.

Ici, les gens s'accordent cette confiance, sans doute en grande partie parce que de base on leur fait confiance. Je peux vous assurer que ça ne m'a pas traversé l'esprit de partir avec le vélo dont j'avais pourtant la clef, et que ça ne traverserait pas l'esprit de la majorité des gens s'ils n'y pensent pas avant. Et ce, tout simplement parce que quand quelqu'un vous accorde sa confiance, et bien vous n'allez pas naturellement chercher à la perdre. Même si on vous signale sur le moment que vous pourriez partir avec sans rien payer, il y a plus que de très grandes chances pour que vous ne le fassiez pas. Parce que ça ne se fait pas. Vous êtes venus pour acheter un vélo, vous l'essayez, et s'il vous plait vous l'achetez. Si vous repartez avec sans payer, c'est que vous étiez venus pour le voler et non pour l'acheter.

Et puis bon, c'est vachement pratique de pouvoir essayer son vélo, quoi. Et de pouvoir le laisser n'importe où. Et aussi de pouvoir le laisser quelque part avec des affaires sur le porte-bagages sans même avoir à s'inquiéter. En une semaine, nous sommes déjà contaminés par la confiance !

3 commentaires:

  1. Moral de l'histoire : Si nous avions été en Finlande ce triste mercredi 11 mai 2011, nos vélos seraient encore entre nos mains !!!!

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  2. Il y a de grande chance mais bon malheureusement pour vos velo nous ne sommes pas en Finlande ma petite Solène ^^

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