mercredi 21 décembre 2011

Le(s) jour(s) le(s) plus court(s), le début de l'hiver


Plus ou moins là depuis plus d’un mois, la neige a manifestement désormais décidé de rester au sol. Il y a quelques jours, le solstice d’hiver nous a fait vivre la journée la plus courte de notre vie (entre 2h10 et 2h15 min de jour).

Il est sans doute assez difficile de s’imaginer ce que tant d’obscurité représente, en vrai. Il est déjà parfois difficile en France de supporter un lever de Soleil à 8h avec un coucher à 17h. Imaginez ce que ça donne quand le Soleil se lève à 11h et se couche à 13h30. Se lever tôt devient très difficile, on a envie de dormir dès 17h alors que la journée est loin d’être finie.

mercredi 14 décembre 2011

L'optimisme linguistique

Ne cherchez pas le rapport avec
le reste, il n'y en a pas.
Ça n'est pas toujours facile de trouver des bons côtés à une nouvelle langue qu'on essaie d'apprendre. C'est toujours différent sous certains aspects, et difficile pour une quantité très importante de raisons. Même les langues les plus simples à apprendre pour nous (ex : espagnol, italien dans le cas du français) possèdent systématiquement des aspects très difficiles à intégrer. On a d'office tendance à se focaliser sur eux (je le fais bien entendu également), mais ça n'est pas toujours une bonne idée. Pour apprendre le finnois, je tente de me motiver en oubliant les côtés compliqués car différents et en me focalisant sur "pourquoi, en fait, c'est vachement simple ce truc".


Helsinki

La photo que tout touriste se doit d'avoir :
la cathédrale luthérienne.
Pour ne pas changer mes habitudes, j'écris encore une fois deux mois après un évènement. J'ai eu beaucoup de travail avec les cours de finnois et un dernier examen, et j'ai tellement de choses à raconter que je ne savais pas par où commencer. Donc, Helsinki.

J'avais quelques semaines devant moi avant la reprise des cours de finnois, et une douzaine d'amis de l'EILC y sont partis à la fin du mois d'août pour y étudier. C'était l'occasion ou jamais d'y aller ! En plus, il faisait encore beau.

dimanche 13 novembre 2011

Un peu de musique

Vous devez vous en douter, après plus de trois mois ici, j'ai rencontré beaucoup de chansons en finnois (autres que des chants traditionnels Samis). Que ça soit avant de venir ici, avec les cours de finnois de l'EILC (ou non), pendant les différents trajets en bus, ou encore durant un "cours" spécialement dédié à la musique finlandaise organisé par nos tuteurs, j'ai pu découvrir des chansons de tous styles et âges. En voici quelques unes.

jeudi 10 novembre 2011

L'organisation des cours : un autre point de vue

L'organisation des cours ici est assez différent de ce qu'on a généralement en France. Ça tiendrait de l'utopisme (ou de la folie) en France, et pourtant ici ça marche. Ça n'est pas à moi de dire si c'est mieux ou pire, si ça marcherait ou pas bien que j'ai mon idée sur la question, c'est juste différent : un autre point de vue sur l'enseignement et sur l'université.

mercredi 9 novembre 2011

5/11 et 6/11 : Riverlights et journée du renne à Rovaniemi

Ce week-end avait lieu un évènement particulier à Rovaniemi, sur les bords du Kemijoki : des oeuvres de bois construites par des artistes, étudiants, lycéens ont été présentées...puis brûlées.

Dragoooooooon !
Tous les ans, ces sculptures éphémères éclairent pendant quelques minutes la capitale lapone, perpétuant ainsi une longue tradition : la rivière jouerait un rôle important dans la disparition et le retour du Soleil dans les mythologies nordiques et cet évènement est là pour le célébrer.

Pyromane en pleine action.

C'est également l'occasion de se rassembler : les oeuvres sont réalisées par des groupes et non individuellement, et une importante partie de la population de la ville vient assister au spectacle. Le contraste est quasi total : la chaleur alors qu'il commence à faire froid, le feu au bord de l'eau, parfois même dans la neige. C'est un moyen de montrer à la nature qu'on a pas peur d'elle !



Toutes les oeuvres ne sont pas éphémères : les lanternes ci-contre n'ont par exemple pas été brûlées. Il s'agit également d'amener un peu de lumière dans l'obscurité de l'hiver lapon. Et oui, ces jours-ci le Soleil se lève à 8h45 et se couche à 15h15.

Vous pouvez voir plus de photos de l'évènement sur ma galerie.




Journée du renne

Attention : la mascotte n'est pas
la dame habillée en bleu.
Le lendemain était la journée du renne : des éleveurs étaient présents en centre-ville pour expliquer leur métier, et comment ça marche un renne. Il y avait bien entendu un stand de dégustation gratuite de viande de renne, et quelques uns de ces mignons petits animaux.

Les plus chanceux d'entre nous ont pu caresser la mascotte de la police de Rovaniemi, voire même la corrompre avec un peu de foin.

On nous avait parlé d'une course de rennes, je ne sais pas si c'était vraiment prévu mais en tout cas l'absence de neige ne permettait pas de faire courir des rennes. Les températures trop douces pour la saison rendent la vie un peu plus difficile que la normale ici et ce également pour les locaux. La neige reflète beaucoup la lumière, et compense un peu avec l'obscurité de plus en plus envahissante.

Mais elle finira par venir ! Ça serait vraiment insupportable d'avoir un "hiver noir".

mardi 18 octobre 2011

Fin du mois d'août

C'est un peu tard pour écrire un bilan de ce premier mois passé en Finlande, mais je devais le faire. Ce mois a été réellement une aventure intensive, et merveilleuse. Je m'excuse par avance pour le côté totalement personnel de ce billet, mais ça fait parfois du bien de parler de ce qu'on ressent. Pour me faire pardonner, voici une jolie photo.

Aucun rapport avec le reste de ce billet. Photo prise dans la colline d'Ounasvaara,  le 1er octobre.
Il est difficile de s'imaginer, quand on ne l'a pas vécu, qu'on puisse s'attacher autant à des personnes que l'on ne connait depuis que 30 jours. Et pourtant ! Venus des 4 coins de l'Europe, nous avons passé ensemble chaque jour (ou presque) de ce mois. Nous avons partagé nos histoires, nos différences, mais aussi notre découverte commune de la Laponie. Nous avons vécu, ri, appris, mangé, fait la fête, voyagé, et ce toujours tous ensemble. Ça crée des liens.

Mais voilà, fin août, il était temps de se dire au revoir. Et oui, seulement un quart des participants au cours restaient à Rovaniemi, le reste s'est éparpillé en Finlande : Helsinki, Kuopio, Oulu...En plus, tous ne sont pas partis en même temps, ce qui a rendu cette journée des départs encore plus éprouvante pour nous qui restions. A 4 ou 5 reprises, on se regroupait devant la résidence pour se serrer dans les bras les uns des autres une dernière fois. Autant vous dire qu'on n'était pas spécialement souriants.

Vu les liens qui se sont créés entre nous durant ce mois, ça n'était néanmoins qu'un au revoir : à l'heure où j'écris ces lignes, j'ai déjà revu une grande partie de ceux à qui j'ai dit au revoir ce jour-là. Ça reste quand même un moment marqué dans nos mémoires, au même titre que ce premier mois Lapon.

Ce jour marquait également le début de la "vraie" année Erasmus, avec l'arrivée des premiers nouveaux étudiants. Pas facile d'accueillir chaleureusement des nouveaux inconnus quand on vient de dire au revoir à des personnes devenues si proches, même si on a fait de notre mieux. Après désormais un mois et demi avec les "nouveaux", même si beaucoup d'entre eux sont également devenus des amis, les liens entre nous ne sont pas du tout les mêmes. Je m'en suis particulièrement rendu compte en revoyant des "anciens" du cours EILC. Nous espérons tous que ces liens seront identiques un jour, le contraire serait injuste, mais ça n'est pas si simple...

jeudi 13 octobre 2011

Premier mois - Nordkapp

Il est quand même temps, à mi-octobre, que je finisse de raconter les aventures du mois d'août. Après la fin du cours EILC, le succès de tous les membres du groupe à l'examen final et la cérémonie de clôture, nous sommes partis à 17 (deux vans de 9 places) vers le point le plus au Nord d'Europe : Nordkapp, en Norvège. Ce périple de plus de 700 km à l'aller - et au moins autant au retour - nous aura fait traverser la Laponie dans le sens de la hauteur. Comme d'habitude, une petite carte pour commencer.

Quand je vous le dit que c'est au Nord.
L'aller : impossible de se perdre en Laponie

Petite balade pendant une de nos pauses.
Il faut savoir qu'il y a très peu de routes principales en Laponie. Par exemple, depuis Rovaniemi, vous n'avez que 5 choix : Nord-Ouest, Nord-Est (qui se sépare ensuite entre Nord et Est), Est, Sud-Est et Sud-Ouest (qui rejoint ensuite la même route que Nord-Ouest). Pour aller à Nordkapp, nous avons donc suivi exactement la même route que pour notre voyage à Inari, où nous avons d'ailleurs fait une pause café. Nous avons profité de la pause pour demander notre route au cas où. On nous a répondu "vous êtes sur la bonne route, mais tournez à gauche dans 50 km". On a effectivement tourné à gauche 50 km plus loin. D'après ce qu'a avancé une expatriée allemande rencontrée plus tard, c'est une façon typique d'indiquer la route ici. Elle m'a notamment raconté que des amis l'ayant invité à dîner lui avaient déjà dit "tu pars de cette ville, et 23 km plus loin tu prends le chemin de terre sur la droite, tu verras c'est la maison rouge". Le pire, c'est que ça marche.

Mais cessons cette divagation. Après une douzaine d'heures de route, dont plusieurs heures de pause, et plusieurs dizaines (centaines ?) de rennes, nous avons enfin atteint la commune de Nordkapp, et notre camping situé à une quinzaine de km du Cap en question. Il est temps de se reposer avant la longue randonnée du lendemain.

Deux Nordkapp : version touristique, version difficile

La route vers le point touristique, vue depuis le parking
pour le point non-touristique.
Remarquez la densité de la végétation. Et des rennes.
On pourrait croire qu'il n'y a qu'un seul point le plus au Nord d'Europe, ça serait d'ailleurs vrai et logique. Mais en fait, c'est un peu plus compliqué. Il y a un Nordkapp lieu touristique, avec des monuments, un globe terrestre métallique et un musée, perché en haut d'une falaise. Ça en jette. Mais ça n'est pas le vrai point le plus au Nord d'Europe. Pour atteindre le vrai Nordkapp, représenté par une simple balise en béton, il faut marcher 8 km depuis un petit parking situé quelques kilomètres avant le Nordkapp touristique.

Le sentier de randonnée est peu marqué au sol, il est simplement indiqué par de gros tas de pierres empilées à intervalles régulier ou par des flèches peintes sur des gros rochers. A l'aller, je n'avais pour être franc pas compris le rôle de ces tas de pierres. Je vais y revenir. Nous voici donc partis pour 8 km de marche jusqu'au vrai point le plus au Nord d'Europe. Comme vous pouvez le deviner, le temps n'était pas très beau. Nous avons subi une pluie fine toute la journée, ce qui a trempé nos jeans et a même pénétré nos coupe-vents imperméables. Sur le dernier kilomètre, nous devions marcher sur des roches assez glissantes orientées en pente douce directement sur l'Océan Arctique. Mes lunettes étaient couvertes de gouttes : impossible de voir avec, impossible de voir sans, et c'était encore pire si j'avais l'idée de les essuyer. Impossible de les essuyer de toute façon : je n'avais plus rien de sec avec moi.

Attention à ne pas glisser.
Le Nordkapp touristique est perché sur la falaise au fond.
3 heures de marche plus tard, nous voici arrivés au vrai Nordkapp. Petite pause de 5 à 30 min selon l'ordre d'arrivée (10 min pour moi) le temps de prendre des photos et de grignoter quelque chose en subissant un fort vent venu de l'Océan et une pluie battante, et nous voilà repartis en sens inverse.

C'est là que nous commençons à nous rendre compte de la dangerosité - relative - de cette randonnée. Le vrai risque n'est pas tant de glisser dans l'Océan que de se perdre. En effet, le temps est très changeant au Nordkapp et un brouillard épais commence à tomber. Nous ne pouvions plus voir qu'à quelques dizaines de mètres devant nous. D'où l'utilité des piles de pierres : on peut généralement les apercevoir à travers le brouillard. Parfois, il était trop épais pour ça, nous continuions donc droit devant en gardant en vue le tas précédent. Il est généralement conseillé aux randonneurs de laisser un mot sur le tableau de bord indiquant par exemple l'heure de départ en randonnée et le nombre de personnes, histoire que des secours se mettent en route assez vite. Nous sommes bien entendu tous rentrés sains, saufs, trempés et les chevilles couvertes de boue. 

Malgré la difficulté de la randonnée, je ne regrette absolument pas le choix que nous avons fait de marcher. Si c'était à refaire, je le referais volontiers : atteindre le point le plus septentrional de l'Europe est quelque chose qui se doit d'être un minimum "sportif" selon moi : on doit vaincre le Nordkapp, et pas simplement y aller en voiture, prendre deux photos et repartir. Je ne ferais sans doute pas le voyage à l'identique par contre, et me permets de partager les raisons avec vous.

Auto-critique : quelques conseils pouvant être utiles

Malgré une bonne préparation et une aventure fabuleuse, certaines choses auraient pu rendre ce voyage plus sympathique. Si vous souhaitez réaliser cette aventure, permettez-moi de vous prodiguer quelques conseils qui peuvent paraître ridicules, mais qui nous auraient bien servi.

Le fjord où était situé notre camping.
Tout d'abord, faire un voyage aussi long juste pour le Nordkapp est un peu dommage. Nous étions trop nombreux pour nous permettre un voyage durant plus longtemps (prix de l'hébergement et des véhicules), ça n'est donc pas tant une critique envers notre voyage qu'un conseil aux personnes intéressées : il peut être plus intéressant de visiter d'autres choses sur la route (fermes de rennes, villes, ...) que de vous contenter du Nordkapp. Pour ça, il vaut mieux partir moins nombreux.

Pour la randonnée elle-même, en plus de laisser un message dans la voiture je conseillerais chaleureusement de laisser des vêtements chauds et secs. Nombre d'entre nous n'avaient même pas de jean sec de rechange (j'en faisais partie). Vu la quantité de pluie absorbée par nos vêtements, tous n'étaient pas encore secs le lendemain.

Enfin, renseignez-vous quand à la validité de l'assurance de votre véhicule de location si vous voyagez entre les différents pays scandinaves. Chaque compagnie a des règles spécifiques, il vaut donc mieux être honnête avec eux et dire où vous projetez d'aller. Nous avons eu un souci - sans gravité - avec un des vans, ça nous aurait évité bien des soucis d'y avoir pensé.

Même si je ne suis pas sûr qu'ils liront un jour ces lignes, je tiens particulièrement à remercier tous nos conducteurs durant ce voyage : la route était longue, monotone, et parfois loin d'être facile. Ils ont néanmoins réussi à nous transporter avec brio et en toute sécurité. Merci.

Ainsi se termine cette aventure. Pour conclure, une photo d'une partie de notre groupe au bord de l'Océan, dans le pur style série américaine. Vous pouvez voir toutes les photos du voyage dans la galerie.

Petits changements sur le blog

Un court message après 10 jours de non-écriture, dont la moitié correspondait à un long voyage que j'ai à vous raconter, pour vous prévenir de quelques changements sur le blog.
Devinez où je suis allé.
Plus d'interaction, et plus d'activité

J'ai créé un compte Twitter pour le blog (@AnneeLapone). Je compte l'utiliser à des fins de micro-blogging : je posterai dessus régulièrement pour vous livrer des instantanés de la vie ici, ce qui est impossible avec le format blog classique (ou alors très difficile à suivre). Vous pouvez lire les 5 derniers tweets postés dans la colonne de droite du blog. Si vous êtes inscrit sur Twitter, je vous invite donc à m'y suivre.

Souhaitant également interagir beaucoup plus avec vous qui me lisez, j'ai créé une adresse email (frenchguyinlapland[arrobase]gmail[point]com) pour recevoir vos éventuelles questions, remarques, suggestions, lettres d'amour ou d'insultes. Les commentaires sont bien sûr toujours là pour vous exprimer, et toujours soumis à ma validation a priori, ce qui ne signifie pas que je les refuserai s'ils sont critiques, c'est pas le genre de la maison.

J'ai également modifié la page "Avant-propos" qui devient "A propos (du blogueur, du blog)" et y ait rajouté cette partie que je me permets de vous communiquer ici à des fins de pure transparence, et honnêteté due à vous qui prenez le temps de me lire.
Liens avec l'office de tourisme de Rovaniemi : 
Certains d'entre vous sont peut-être arrivés sur ce blog via le site français de l'office de tourisme de Rovaniemi. Vous êtes donc en droit de vous demander quels sont les liens qui nous unissent. 
L'office de tourisme de Rovaniemi cherchait des blogueurs de différentes langues maternelles afin de montrer aux personnes souhaitant visiter la ville comment se passait la vie ici de manière réelle, c'est-à-dire non écrite par des spécialistes du marketing. Dans la mesure où je souhaitais dès le départ que mon blog soit un lieu d'information sur la Laponie, je me suis permis de leur envoyer un lien. Ils ont bien aimé, et m'ont proposé un partenariat : j'accepte que mon blog leur serve de publicité indépendante, en échange de quoi je peux obtenir des accès à certaines activités, ou quelques visites de musées sur lesquels je souhaite écrire. 
Vous pouvez également vous demander ce qu'il advient de ma liberté de parole : l'office de tourisme n'apprécierait peut-être pas que je dise du mal de la région. Tout d'abord, je vais me répéter : ils veulent une histoire réelle et non du marketing. C'est donc un risque qu'ils acceptent : si je dois réduire ma liberté de parole, leur objectif est falsifié. Il faut ensuite également savoir qu'à moins d'avoir vraiment un très fort coup de gueule à passer, je ne suis pas du genre à dire du mal des gens ou des lieux que je visite. Si je n'aime pas, je n'en parle pas...Et je le faisais déjà avant de mettre au point ce partenariat avec eux. Je ne me suis par exemple pas éternisé sur le village du Père Noël. Afin d'être totalement honnête avec vous, je dois préciser qu'ils m'ont quand même demandé de les prévenir auparavant si je souhaite écrire une critique négative d'un évènement, de la ville, ou d'une visite que j'ai effectuée. Libre à moi de le faire ou pas, mais dans tous les cas ils m'ont bien fait comprendre qu'ils ne m'empêcheraient pas de publier. 
Au sujet des accès éventuellement offerts par l'office de tourisme, sachez que je m'engage à vous prévenir systématiquement dès le début de l'article quand j'aurai eu accès à certains endroits grâce à eux. Même si mon écriture ne sera pas consciemment modifiée en fonction, je préfère rester honnête vis-à-vis de vous.
Les plus perspicaces d'entre vous auront compris que je suis allé passer quelques jours à Helsinki. Je dois d'abord vous raconter un autre voyage, et peut-être quelques éléments de la vie ici. Je vais tenter de rattrapper mon retard la semaine prochaine, alors patience ! 

dimanche 2 octobre 2011

Rakastan revontulet! (J'aime les aurores boréales)

Ces dernières semaines, j'ai vu mes premières aurores boréales. C'est donc le moment rêvé pour vous écrire un article sur ce phénomène naturel joli comme tout. C'est un sujet bateau quand on passe un an en Finlande, et a fortiori [1] en Laponie, mais tant pis !

Tout d'abord, voyons à quoi ça ressemble. Je n'ai qu'une photo où l'on voit quelque chose pour le moment, et elle a été prise un peu n'importe comment. Je vous présente la version originale et la version "améliorée-pour-qu'on-y-voit-un-peu-plus-clair-parce-que-bon-hein" :

Version "non mais là on voit rien"
Version "Photoshop Aperture est mon ami"
Je suppose que beaucoup d'entre vous ont de toute façon déjà vu de bien plus belles photos ailleurs, mais c'était juste pour décorer l'article. A vrai dire, les premières que j'ai vues (18 septembre) étaient plutôt ténues et blanches : l'activité solaire avait été assez faible, et la Lune brillait dans le ciel. Par contre, le 1er octobre vers 2h30 du matin, elles étaient bien vertes et couraient tout autour du ciel.

En vrai, les aurores boréales sont encore plus actives qu'à peu près tout ce que vous avez pu voir jusqu'à présent dans la mesure où les vidéos sont généralement faites à partir de photos et non de scènes réellement filmées. Le poète américain Bayard Taylor les a décrites comme étant un rideau de feu coloré en mouvement dans le ciel. Cette description colle assez bien, mais reste faible par rapport à la réalité : c'est au final assez difficile à décrire, entre le nuage et le rideau qui bouge en permanence mais parfois s'arrête, ou est composé de parties fixes et d'autres mouvantes, disparaissant et réapparaissant sans cesse.

Ici, aurore boréale se dit revontuli (pluriel : revontulet), revon étant une ancienne manière de dire "renard", et tuli étant l'équivalent finnois de "feu". Renard de feu (à ne pas confondre avec Firefox, qui est un panda roux), parce que pour les peuples locaux les aurores boréales décrivaient la course d'un renard de feu dans le ciel. C'est beaucoup plus intéressant que la réalité scientifique que je vais vous raconter.

Pour faire simple, ces aurores sont causées par l'arrivée massive de particules chargées électriquement en provenance directe du Soleil dans le champ magnétique terrestre qui se charge de les rendre inoffensives, ce qui est bien urbain de sa part [2] : sans cette protection, nous ne serions pas là. Quand les particules heurtent le champ magnétique terrestre, au lieu d'émettre le classique "bong" que fait n'importe qui ou n'importe quoi entrant en contact avec quelque chose, les particules sont redirigées vers les pôles et se stabilisent électriquement, ce qui produit de l'énergie sous forme de lumière. Selon la particule, la couleur de cette lumière varie.

Il faut savoir que des aurores boréales peuvent parfois être observées dans des régions éloignées des pôles, mais uniquement durant les périodes de très forte activité solaire. A Rovaniemi, on peut en observer en moyenne un jour sur deux à condition que le ciel soit totalement dégagé, et qu'il fasse vraiment noir. On peut en voir sans forcément grimper sur les hauteurs de la ville, les photos du début d'article ont été prises depuis un bâtiment de Kuntotie.

Les lampadaires peuvent un peu gêner l'observation, mais ça n'est pas si dur de les éviter ici. Au pire, un bon lancer de pavé bien placé peut régler le problème.

[Précision : vous pouvez voir des photos d'autres aurores boréales photographiées par mes soins ici.]

[1] : Oui, ça fait classe de mettre du latin en italique.
[2] : Oui, les vieilles expressions font également classe.

dimanche 25 septembre 2011

Premier mois - [3 jours à Inari] - Dernier jour : ferme de rennes et musée Siida

(Pour les esprits égarés : Première journée, deuxième journée)

Le propriétaire de la ferme.
Après deux nuits passées au camp de Vasatokka (et oui, j'ai réussi à trouver le nom), nous nous réveillons pour notre dernière journée dans le Nord de la Laponie. Après avoir nettoyé nos chambres et les parties communes, nous partons vers une ferme de rennes.

Accueillis par le propriétaire, nous apprenons plein de choses sur nos amis poilus. Je vous laisse faire un tour par ici pour en savoir plus. Nous avons bien entendu pu caresser les rennes, à la condition d'avoir de quoi manger pour eux dans les mains sinon c'est pas intéressant pour eux. C'est aussi là que nous avons découvert qu'il ne fallait vraiment pas toucher les bois d'un renne : la peau qui les entoure est bourrée de terminaisons nerveuses, c'est pas très agréable pour eux.

Votre serviteur s'entraînant au lasso.
On ne rigole pas, et on admire la technique.
Après cette présentation, hospitalité lapone oblige, nous nous rendons dans un grand kota (= tipi en bois) où l'on nous sert thé, café, et petits pains maison. Le propriétaire nous parle des accessoires traditionnels Sami : le couteau et la tasse en bois (taillées dans un noeud du bois), que l'on trouve dans toutes les boutiques de souvenirs. Sa mère chantera ensuite, de la même manière que décrit (et illustré) dans mon précédent article avec pour accompagnement le tambour traditionnel. J'ai un enregistrement, mais je ne peux malheureusement pas le diffuser ici pour des raisons de droit d'auteur.

Nous voici enfin invités à nous entraîner au lasso en compagnie du père du propriétaire. Bon, il ne parle que finnois (et Sami d'Inari), ce qui n'aidait pas à comprendre ce qu'il fallait faire. Mais ça reste marrant. J'ai bien entendu loupé les cornes de renne, et ai préféré attrapper l'ami qui tenait mon appareil photo. On ne se refait pas.

De retour dans le bus, nous partons pour le musée Siida. Je dis bien Siida, pas Sida, ne vous méprenez pas. En Sami, le Siida est l'unité locale traditionnelle des éleveurs de rennes. Comme vous pouvez le deviner, le sujet principal de ce musée est donc la culture et l'histoire Sami et, à une plus grande échelle, la culture et l'histoire lapone. N'ayant au final qu'un temps limité pour la visite, je n'ai presque pas pris de photos. Si vous êtes intéressés par la culture et l'histoire lapone/Sami et que vous passez par Inari, n'hésitez en tout cas pas à vous arrêter là. L'exposition permanente est vraiment très bien pensée et originale. C'est même mieux d'y aller en été pour avoir accès à l'exposition permanente à ciel ouvert, qui vous présente des maisons et autres dépendances traditionnelles !
Nous sommes arrivés et repartis par là.

Nous montons finalement une dernière fois dans le bus pour faire les 650 km qui nous séparent de Rovaniemi. Bon, à vrai dire, ça n'était pas la dernière fois : nous avons fait un arrêt au milieu de nulle part. Littéralement. Un café, en haut d'une colline, d'où on ne pouvait voir que de la toundra à perte de vue. Impressionnant. Technologie oblige, il y avait des antennes émettrices pour les téléphones portables tout en haut. C'est accessoirement une station de ski l'hiver.

Après un dernier arrêt pour manger des pizzas (notamment des pizzas au renne), nous sommes finalement rentrés à Rovaniemi pour entamer dès le lendemain notre dernière semaine de cours de langue. L'aventure continue !

samedi 24 septembre 2011

L'automne est là ! Mais (ici) c'est pas nouveau.

Une fois n'est pas coutume, parlons un peu météo. Officiellement, l'automne est là depuis 3 jours uniquement, mais les saisons sont un petit peu différentes ici. La Laponie est en effet le pays des 8 saisons, et ça fait maintenant plusieurs semaines que nous sommes entrés dans la saison de Ruska, l'automne chatoyant.

Les couleurs de l'automne donnent une autre dimension aux balades dans Rovaniemi.
Cette division de l'année en huit saisons est une tradition des anciens peuples Lapons et Sami, pour qui quatre saisons ne suffisaient pas. Voici une petite image, pour illustrer cette idée.

(Image pompée sans aucune honte sur www.rovaniemi.fi)

Après deux mois passés dans la saison d'été (récolte), voici venu le temps pour les arbres de changer de couleur et de perdre leurs feuilles. Le temps devient également moins clément, le ciel se charge de nuages et il pleut de plus en plus souvent. A notre arrivée le 1er août, le soleil ne se couchait pas vraiment complètement : il était sous l'horizon, mais la nuit était bleutée. Il fait déjà plus noir à 19h30 qu'à minuit il y a un mois et demi. Contrairement à en France où l'on ne s'aperçoit de l'évolution du temps de présence du Soleil dans le ciel qu'aux heures les plus sombres de l'hiver, on peut ici presque sentir la différence de jour en jour. Pour vous donner des chiffres, d'ici vendredi prochain nous aurons perdu 43 min de Soleil alors que dans le même temps, en France, vous en perdrez 20. Là où vous perdez 3 min chaque jour, nous en perdons 7.

A ne manger que si vous vous appelez Mario.
Un petit lac à 5 min à pied de Kuntotie.
Malgré ces magnifiques couleurs, la Laponie nous rappelle que nous sommes bien sur le Cercle Polaire. Là où en France il fait au minimum 20°C, nous en sommes déjà à 7°C au plus chaud de la journée. Nous avons néanmoins de la chance d'être ici : j'ai cru comprendre qu'à Helsinki la météo est la même, mais malheureusement sans les arbres. Il fait parfois bon d'être dans une petite ville !

Plutôt que de vous faire un article complet et très long sur l'ensemble des saisons, je distillerai les informations à chaque nouvelle saison. Tout le monde y sera gagnant : vous aurez beaucoup d'articles mais plus petits, avec beaucoup d'images, et j'aurai des articles faciles à écrire. La prochaine saison sera celle de la première neige, qui devrait arriver dans deux ou trois semaines.

Vous pouvez voir d'autres photos de l'automne en cliquant ici.

jeudi 15 septembre 2011

Premier mois - [3 jours à Inari] - Deuxième jour : randonnée, saumon et musique Saami

Petit rappel du lieu où l'on dormait,
 pour ceux qui auraient oublié.
Après une courte nuit à Inari, nous voici plein d'énergie pour notre première journée sur place. La première partie de la journée sera consacrée à une petite randonnée (6 km, de mémoire) au coeur d'une forêt pas très éloignée. Le point que nous voulions atteindre était un petit espace où faire un barbecue, situé à proximité d'une vieille chapelle Sami.

Je n'ai malheureusement pas pris tant de photos que ça, mais je peux vous en montrer quelques unes ici (en sachant que vous pouvez voir toutes les photos du voyage dans ma galerie).


La première chapelle Sami de Laponie. Elle est toujours utilisée pour des mariages notamment.
Le lac au bord duquel nous avons fait notre barbecue. Autant vous dire qu'on n'avait pas envie de repartir.
On ne voit que 4 filets ici, mais il y en avait 10 au total.
C'est qu'on avait faim.
Après 6 nouveaux kilomètres à pied, nous voici revenus au bus et en route pour une après-midi cuisine et sauna. De retour au camp de vacances, nous nous lançons dans la préparation de saumon cuit au feu de bois. Après avoir laissé les filets de saumon dans du sel pendant deux jours, nous les avons cloués à des planches en bois et posés autour d'un feu pour les cuire naturellement pendant plusieurs heures. Je n'avais jamais vu ça, et je dois avouer que le goût était au rendez-vous à la fin. Bien entendu, pendant la cuisson du saumon nous avons passé notre temps au sauna. Ou plutôt, à alterner entre sauna et lac. J'ai également pris quelques photos du lac de jour, que vous pouvez voir sur ma galerie.

Après le repas, nous sommes repartis à l'aventure pour le festival de musique Sami qui se tenait le jour-même à Inari. Comme de nombreuses cultures traditionnelles, la musique permet aux Samis de transmettre leur histoire, leurs légendes et leur manière d'imaginer le monde. Il faut néanmoins savoir qu'il leur a été interdit pendant près de 300 ans de pratiquer leurs chants traditionnels, qui ont malgré tout réussi à perdurer. Les chants traditionnels Samis sont assez proches des chants de gorge Inuit ou d'Asie Centrale. Ils ont ceci de particulier que chaque Sami possède son chant (joik) particulier, on pourrait presque dire qu'il s'agit de leur âme (au moins musicalement). Certains de ces chants sont composés de paroles compréhensibles, d'autres non. Il y avait également un invité sibérien sur scène, qui nous a fait découvrir le chant de gorge. Je vous propose ici quelques vidéos trouvées sur Youtube, mais c'est vraiment beaucoup plus impressionnant en vrai.

Tout d'abord, un joik Saami.

Et voici un chant de gorge sibérien.


La grande star du festival de musique était Wimme Saari, qui est apparemment l'un des chanteurs Samis les plus connus de Finlande. Vu l'accueil qu'il a reçu, je n'ai aucune raison d'en douter. Je dois avouer qu'aucun d'entre nous ne le connaissait auparavant. Si vous aimez les musiques du monde, je vous conseille de jeter un coup d'oeil à son site web, où vous trouverez des liens vers iTunes pour écouter des extraits. Et si ça ne vous intéresse pas, et bah tant pis !

Pour lire la suite, c'est par ici.

mercredi 14 septembre 2011

[Intermède culinaire] Lohikeitto (soupe de saumon)

Je dois avouer que la nourriture française me manque quelque fois. Mais ça n'est pas une raison pour bouder les recettes finlandaises, qui sont loin d'être mauvaises. Nous avons eu la chance de suivre un cours de cuisine locale durant le programme EILC, je vais donc vous transmettre quelques unes des recettes expérimentées durant ce cours (et peut-être d'autres plus tard si vous êtes sages).

Commençons aujourd'hui par Lohikeitto : la soupe de saumon (Lohi = saumon, keitto = soupe, qui a dit que le finnois était difficile ?). C'était notre entrée après 2h de cuisine, et je dois avouer que le grand fan de saumon que je suis a totalement adhéré. Histoire de rigoler un petit peu, je vous écris également la recette en finnois.

A noter que cette recette remplit facilement une quinzaine d'assiettes, vous êtes libres de réduire les doses.

12 dl kalalientä
10 suurta perunaa kuutioina
4 porkkanaa viipaleina
2 iso sipuli lohkoina
600g lohikuutioita
4 dl maitoa
3 dl kuohukermaa
60g voita
tilliä

1. Kiehauta kalaliemi
2. Lisää perunakuutiot, porkkanat ja sipuli. Anna kiehua noin 10 min.
3. Lisää kalapalat ja hämmennä varovasti niin, että lohipalat säilyvät mahdollisimman ehjinä.
4. Noin 5 minuutin kuluttua lisää maito, voi ja kerma.
5. Tarkista maku ja koristele keitto tuoreella tillillä.
12 dl de bouillon de poisson
10 grandes patates coupées en morceaux assez grands
4 carottes tranchées en rondelles
2 gros oignons émincés
600g de pavé de saumon
4 dl de lait
3 dl de crème épaisse
60g de beurre
aneth

1. Faire bouillir le bouillon de poisson
2. Ajouter les patates, les carottes et les oignons. Laisser bouillir pendant environ 10 minutes.
3. Ajouter les morceaux de poisson et remuer délicatement afin que les morceaux de saumon demeurent aussi intacts que possible.
4. Après environ 5 minutes, ajouter le lait, le beurre et la crème.
5. Vérifiez pour le goût et garnir la soupe d'aneth frais.
Si vous vous débrouillez bien, vous obtiendrez quelque chose ressemblant à ceci :
Suggestion de présentation. L'auteur décline toute responsabilité vis-à-vis d'éventuels échecs culinaires.
Mangez 5 fruits et légumes par jour. Ne mangez pas trop gras, trop sucré, trop salé, et évitez le poisson pas frais.
La soupe est ici servie avec de l'Ohrarieska, un pain plat à base d'orge. J'ai bien entendu la recette.

mardi 13 septembre 2011

Premier mois - [3 jours à Inari] - Premier jour : village du Père Noël, prospection d'or, et autres

Comme promis, voici le récit de nos 3 jours passés à Inari avec l'ensemble du groupe EILC, nos tuteurs, Päivi, ...et le chauffeur du bus. Faudrait pas l'oublier, quand même. Le but de ce voyage était de nous faire découvrir le Nord de la Laponie et une partie de son histoire, la culture Saami et bien d'autres choses encore.

Mais avant de commencer le récit, une petite carte.
En jaune Rovaniemi, en bleu Inari. Entre les deux, environ 650 km de route. Et donc, 650 km de forêts. Et de rennes.
Remarquez au passage le grand lac Inari : 1080 km², plus de 3000 îles.

Notre groupe avec le Père Noël.
Nouveau jeu pour vous : où est l'auteur ?
Quitte à aller vers le Nord depuis Rovaniemi, il est de bon ton de s'arrêter au village du Père Noël. Rovaniemi est quand même la ville officielle du gros monsieur à longue barbe, que l'on peut rencontrer tous les jours de l'année dans son bureau situé symboliquement sur le Cercle Polaire Arctique. Bon, je vous avoue que le mois d'août n'est pas la période idéale pour y passer. J'y retournerai quand il y aura de la neige, et j'en dirai plus à ce moment-là. Histoire de résumer, on trouve dans ce village le bureau du Père Noël, une ligne au sol figurant le cercle polaire, des boutiques de souvenirs et le bureau de poste du Père Noël (qui possède son propre tampon pour affranchir les cartes ou les lettres). Vous pouvez même choisir d'envoyer vos cartes immédiatement ou pour Noël, et ce à n'importe quel moment de l'année. Très pratique pour ne pas oublier de les envoyer ! On ne peut par contre pas les envoyer plusieurs années à l'avance, il vous faudra donc revenir tous les ans ;).

Vrai prospecteur d'or. Pas comme moi.
Après cette escale, nous voilà repartis pour une longue route jusqu'au musée de l'or de Tankavaara. La Laponie a pendant un certain temps été un haut lieu de la prospection d'or en Europe. Ce musée propose donc de nous raconter cette histoire. Il présentait également une exposition temporaire sur l'histoire de la prospection d'or dans le monde entier. On a ensuite pu prospecter nous-même. La plupart d'entre nous ont trouvé quelques - très - petites pépites, certains en ont trouvé plus d'une dizaine. Pas de quoi devenir riche, mais ça fait toujours plaisir ! Ça permet en plus de comprendre à quel point ça pouvait être long, éprouvant et déprimant. On a plus ou moins tous vu des documentaires sur la prospection d'or, mais le faire soi-même est bien plus parlant pour comprendre la réalité de cet ancien métier. Pour l'anecdote, ce musée accueille également un championnat de prospection d'or. Les concurrents doivent trouver un certain nombre de pépites (une douzaine il me semble) au minimum, en à peine quelques minutes. Il m'a fallu facilement 30 min pour en avoir deux.

Désormais riches de quelques milligrammes d'or, nous voici repartis pour notre lieu de résidence pour les deux nuits à suivre : un camp de vacance au bord d'un lac proche de celui d'Inari. Nous faisons la découverte des bienfaits du bain dans un lac à 10°C après un sauna à 80°C, et nous retrouvons notre ami le coucher de soleil qui dure toute la nuit. Celui-ci nous avait accueilli pour nos premiers jours à Rovaniemi, mais nous avait vite abandonné. 650 km plus au Nord, il était toujours là pour égayer la nuit et nos photos.
Ça n'est pas exactement le soleil de minuit, mais ça reste très agréable.
Pour lire la suite : Deuxième jour, Troisième jour.

vendredi 9 septembre 2011

Premier mois - Première partie : zoo de Rauna, vignoble d'Alatennilä, petite randonnée

Maintenant que la rentrée est arrivée, j'ai enfin le temps de raconter ce que j'ai fait durant le mois d'août. Vu qu'on a beaucoup bougé dans le cadre du cours EILC, je vais commencer par les activités des deux premières semaines, j'écrirai ensuite un article sur notre excursion à Inari et enfin un sur notre voyage au Nordkapp (après la fin du cours EILC).

La carte de notre voyage. Le point bleu indique le vignoble (situé dans Rovaniemi, qui est plus grande qu'il n'y parait).
N'oubliez pas également que Rovaniemi est située quasi-exactement sur le cercle polaire arctique.
Tout d'abord, il vous faut savoir que nous n'avons pas fait que nous amuser. Nous avions 3 ou 4 heures de finnois par jour, 3 ou 4 jours par semaine. C'est seulement dans l'après-midi ou le/les jour(s) sans cours de langue que nous allions nous balader ou que nous découvrions des parties de la culture finlandaise.

Attention : cet ours polaire n'est pas un vrai.
Après un "cours" horripilant par un professeur américain sur les stéréotypes finlandais et un match de baseball finlandais (pesäpallo) la vraie excursion de la semaine était un voyage au zoo de Rauna, situé à 80 km de Rovaniemi, suivi d'une visite d'un vignoble. Nous voilà donc partis vendredi 5 août pour une excursion d'une journée, la première d'une longue série ! Comme je l'ai déjà dit dans un précédent article, faire 80km de route en Finlande correspond plus ou moins à traverser 80km de forêt, avec parfois un lac et/ou un renne. C'était notre premier voyage à l'extérieur de Rovaniemi, et donc la première fois que nous réalisions l'étendue des forêts ici, en tout cas vues du sol. Un premier trajet dépaysant pour l'habitué des champs à perte de vue que je suis !

Le zoo de Rauna

"Trop mignoooooon" qu'elles disaient toutes.
Comme vous pouvez le deviner, ce zoo se concentre majoritairement sur les animaux vivant dans les régions nordiques : ours polaires, ours bruns, loups, lynx et autres bestioles mignonnes. Au total, le zoo regroupe de mémoire une cinquantaine d'espèces différentes. Nous devions remplir une feuille de mots croisés avec les noms des animaux en finnois, ce qui n'était franchement pas toujours facile. Pour être honnête, j'ai déjà oublié les noms ! Il faut dire que déjà en anglais je ne les connaissais pas tous...Le zoo en lui-même est assez bien. Il est assez difficile de décrire un zoo en particulier, mais j'ai bien aimé celui-ci. Il donne l'impression que les barrières ont simplement été posées dans une forêt, exception faite des ours polaires bien entendu. Certains enclos sont particulièrement grands, je pense en particulier à celui de l'ours brun et à ceux des ours polaires. Comme dans tout autre zoo, les animaux dormaient presque tous pendant notre visite. On a quand même eu la chance de voir le repas des ours polaires et des ours bruns (y compris du petit ourson trop mignon). Vous pouvez voir mes photos du zoo dans la galerie, je vais donc me contenter de vous laisser regarder les photos. Je pense y retourner durant l'hiver si j'ai l'occasion : avec de la neige, le zoo doit être encore plus intéressant.

Le vignoble d'Alatennilä

Ça change des vignobles français !
Un bus plein d'étudiants venus de toute l'Europe ne pouvait pas faire autrement que s'arrêter à un vignoble. Le terme de vignoble et de vin sont ici utilisés au sens large : il ne s'agit pas de vin issu de raisin, mais de vin produit à base de baies : airelles, cassis, myrtilles, mûres, ...Nous avons été accueilli avec un café et/ou un verre du vin produit sur place. Le café était chauffé au feu de bois dans un kota (sorte de tipi lapon en bois). Ce vignoble est totalement artisanal : ils produisent au plus quelques milliers de bouteilles par an, et embauchent quelques étudiants pour cueillir les baies. Ils proposent également des chambres d'hôte, comme ça se fait assez souvent en France. Ils ne parlent malheureusement que finnois, c'est leur seul défaut : l'accueil était vraiment chaleureux et le vin très bon.

Ce premier voyage nous a permis de mieux nous connaitre : nous avions déjà passé beaucoup de temps ensemble, mais un trajet comme celui-ci crée des liens et permet de se découvrir des affinités les uns avec les autres. C'était au final le but de cette première semaine : se rencontrer, et rencontrer la Finlande. Quoi de mieux pour cela qu'une randonnée pour clôturer la semaine ?

Randonnée à Ounasvaara

C'est pas haut 200 m, mais c'est pas
si facile non plus.
Ma résidence a la bonne idée de se situer au pied de la colline d'Ounasvaara, point culminant de Rovaniemi avec ses...200 m d'altitude. Afin de nous présenter Rovaniemi vue du ciel, nos tuteurs nous ont donc emmenés là-haut sur la montagne. En plus de ses sentiers de randonnée, Ounasvaara est aussi la station de ski de Rovaniemi : on peut y faire du saut à ski hiver comme été, du VTT, du ski de fond et du ski alpin. A 5 min à pied de Kuntotie (où j'habite) on trouve même un grand centre sportif avec piscine, spa, patinoire, bowling, appareils de musculation, terrain pour sport en salle. Ce centre se nomme...SantaSport. A chaque mention de ce nom, on imagine bien entendu le Père Noël en train de faire de la muscu. Blague à part, il est facile de s'y perdre au milieu des couloirs.

Il est également assez facile de se perdre parmi les différents sentiers de randonnée, d'où l'intérêt d'avoir des guides locaux ! Après une longue marche, nous sommes finalement arrivés à ce grand kota de 2 étages au sommet de la colline. De là, nous avons pu contempler les forêts couvrant la majeure partie de la ville qui s'étend quand même sur plus de 8000 km². Et oui, Rovaniemi est la ville d'Europe ayant la plus grande superficie !

Après quelques photos de groupe, nous sommes redescendus jusqu'à une tour d'observation d'où on a une très belle vue de Rovaniemi. On a pu faire un barbecue au pied de la tour histoire de conclure cette première semaine en Finlande par un repas à base de makkara, des saucisses présentes un peu partout ici et que tout finlandais qui se respecte emmène avec lui en randonnée.

La banlieue Nord de Rovaniemi.

L'église de Rovaniemi.

Et, histoire d'avoir un petit teaser : la semaine suivante nous avons fait...plein de choses ! Patience :)

mercredi 31 août 2011

Poro poro poro poro

"Poro" signifie "renne" en finnois. Les rennes sont un élément majeur de la Finlande (plus particulièrement de la Laponie), et sont totalement incontournables pour quiconque se balade en voiture par ici. Avant de parler de nos amis poilus, faisons une parenthèse culturelle.

Laponie en tant que terres Saami.
(Wikipedia)
Au sens large - nous dit Wikipédia, la Laponie est la terre du peuple Sami. Les Samis forment le plus grand peuple autochtone européen (je ne suis pas sûr qu'ils soient les seuls, mais ils n'en sont pas loin). Ils ont leurs propres langues, au nombre de 6, et sont historiquement des éleveurs de rennes. Les rennes ne sont donc pas une spécialité finlandaise mais plutôt une spécialité lapone, s'étendant sur les trois pays où sont présents les Samis : Norvège, Suède, Russie et Finlande (cf carte).

Pour ne pas nous éparpiller, restons en Finlande. La Laponie finlandaise compte ~200 000 rennes et ~180 000 habitants. Traditionnellement, les rennes ne sont pas parqués dans des enclos bien qu'ils soient l'équivalent des vaches ici (le lait mis à part). Ils sont laissés en liberté et vont et viennent comme ils le souhaitent tout autour de la Laponie. Ils présentent ainsi un certain risque pour le conducteur mal réveillé : ils se promènent régulièrement sur les routes et n'ont pas spécialement peur des voitures. Ou en tout cas ils le montrent bizarrement, en tentant régulièrement de les doubler par la droite.
N'est-il pas mignon ?

Il faut savoir que nous croisons au final fort peu d'animaux sauvages sur les routes en France. Je ne pensais donc pas croiser autant de rennes que ça en arrivant ici. Et pourtant. En moyenne, je dirais que j'ai croisé un renne tous les 10 ou 20 km de route. Ils sont vraiment partout, seuls ou en groupe, au bord de la route ou sur la route.

Comme vous l'aurez deviné le prédateur principal du renne est la voiture, qui en tue 4000 par an.

Bien qu'ils soient laissés en liberté, les rennes ont tous un propriétaire. Les éleveurs les rassemblent une ou deux fois par an et observent les petits pour savoir quelle femelle ils suivent. Le propriétaire de la femelle devient ainsi propriétaire du petit qui la suit. Le petit est ensuite marqué à l'oreille par l'éleveur. Il est, soit dit en passant, très malpoli de demander à un éleveur de rennes combien de rennes il possède. Ça peut aller de 5 à plusieurs centaines, mais ça reste une question assez intime. Comme vous pouvez le deviner, il est très difficile de posséder soi-même un renne sans racheter un élevage entier par exemple. Le problème n'est pas tant d'avoir l'argent pour en acheter un que de trouver un éleveur souhaitant vendre un renne.
Eleveur de rennes Sami. Très gentil au demeurant.

Comme dans le cochon, tout est bon dans le renne. Les bois tout d'abord sont utilisés pour décorer des tasses ou des couteaux, ou encore pour faire des bijoux. Ils sont couverts d'une peau irriguée et composée de terminaisons nerveuses, évitez donc de toucher les bois d'un renne si vous avez l'occasion d'en caresser dans une ferme. Ils tombent naturellement une fois par an. Les rennes perdent la peau entourant leurs bois une fois l'automne arrivé.

Renne en train de perdre la peau entourant ses bois. Et oui,
même en août, c'est déjà l'automne par endroits.
La peau (cuir) du renne peut être utilisée pour confectionner des chapeaux, des bottes, des gants. Les Samis l'ont toujours fait et continuent de porter des bouts de rennes dans leurs habits traditionnels. Bien entendu, la viande de renne se mange. C'est assez spécial, généralement le goût est assez prononcé quand c'est bien préparé. On peut en trouver sur des pizzas, en faire une soupe, ou la manger bouillie avec de la purée et de la confiture d'airelles. Cette viande est par contre relativement chère, comme vous pouvez le deviner. Mais si vous avez l'occasion, essayez, juste pour savoir si vous aimez.

Je finirais donc ce message par un avertissement : si vous parcourez la Laponie en voiture, faites très attention aux rennes. Ils sont vraiment très bêtes par moment, ralentissez donc bien quand vous passez à leur niveau (même s'ils sont sur le bas-côté). Il vaut mieux perdre 5 secondes en passant à leur niveau que des jours à réparer votre voiture. De toute façon, il vaut mieux rester prudent sur la route en Laponie : vous pourriez également croiser des élans. Un renne fait environ 1 m 20 de haut pour 100 kg, un élan grimpe jusque plus de 2 m de haut (sans compter les bois) pour 400/500 kg pour les plus frêles. Et ils sont encore plus rapides et plus imprévisibles que les rennes. C'est très rare d'en croiser : on a eu la "chance" d'en croiser en une journée plus que ce que certains finlandais de notre bus avaient jamais croisé dans leur vie, mais c'est très impressionnant (encore plus en voiture ou en moto).
Totalement normal en Laponie.

vendredi 19 août 2011

Quelques mots de finnois

Parce que bon, c'est que c'est un peu la vraie langue du coin quoi. Dans ce premier post, je vais me contenter des mots de base. Je tenterai d'expliquer les trucs un peu plus hardcore plus tard, quand je les aurai un peu mieux compris. Mon examen final est la semaine prochaine, ça veut donc dire que je vais parler grammaire dans pas très longtemps.

Pour commencer, jetons un petit coup d'oeil à comment se prononce l'alphabet, histoire que vous compreniez un peu comment les mots se prononcent sans que j'ai à l'expliquer à chaque fois. A noter : (*) = se prononce à l'intérieur d'un mot comme en français. Entre guillemets, la prononciation finnoise de la lettre.


A [aa] (*) F [äf] (*) K [koo] (*) P [pee] (*) U [uu] ("Ouragan") Y [yy] ("Turlututu")
B [bee] (*) G [gee] ("Guet") L [äl] (*) Q [kuu] (*) V [vee] (*) Z [tseta] (*)
C [cee] (*) H [hoo] (h aspiré) M [äm] (*) R [är] (r roulé) W [kaksois-vee,
tupla-vee]
Å [ruotsalainen oo]
(entre "heu" et "oh")
D [dee] (*) I [ii] (*) N [än] (*) S [äs] ("Salade") (comme dans "Walibi") Ä [ää] (entre "a" et "é") 
E [ee] (Béret) J [jii] (Youpi) O [oo] (*) T [tee] (*) X [äks] (*) Ö [öö] ("Heu")

En règle générale, un mot en finnois se prononce exactement comme il s'écrit et vice versa. Il n'y a pas de lettres muettes et presque pas de diphtongues (sons différents quand deux lettres particulières se suivent, a + i devenant "é" en français par exemple, pour faire simple - c'est pas tout à fait la même prononciation que é mais vous comprenez le principe). Il y a des exceptions, particulièrement pour des mots importés, mais assez peu pour ne pas s'en soucier.

En bref : une fois que vous savez comment chaque lettre se prononce (une seule prononciation possible), vous savez lire et écrire ce qu'on vous dit. La difficulté réside plutôt dans le doublement de voyelles/consonnes. Toutes les voyelles peuvent se doubler, et une bonne partie des consonnes peut en faire de même. Comme je vous l'ai dit, tout ce qui est écrit se prononce : s'il y a deux voyelles ou deux consonnes, on doit donc prononcer un peu plus longtemps cette partie du mot. Certains mots de sens assez différents peuvent donc sembler identiques si l'on a pas l'oreille préparée. C'est une première difficulté. Mais assez parlé théorie, commençons par quelques mots simples.

Comme dans beaucoup de langues (toutes ?), il y a plusieurs façon de dire bonjour selon l'heure de la journée. D'après ce que j'ai pu entendre dans la rue/les couloirs/les commerces, celles que je vais présenter ici sont toutes aussi (in)formelles les unes que les autres.

- Hei ! Moi ! / Terve !  -> Bonjour/Salut (n'importe quand). Moi se prononce "mo-ye" : pas de diphtongue française ici.

- (Hyvää) Huomenta ! -> Bonjour (le matin), équivalent à "Good morning". Le Hyvää (pour rappel : se prononce "Huvaaa", avec le h aspiré) est facultatif.

- (Hyvää) Päivää ! -> Bonjour (dans la journée, jusqu'un bon 18h/19h).

- (Hyvää) Iltaa ! -> Bonsoir.

Quant à "bonne nuit", c'est hyvää yötä ou bien (hyvää) öitä.

Pour se dire au revoir :

- Hei hei ! / Moi moi ! / Heipä ! -> Au revoir (tous aussi (in)formels les uns que les autres)

- Näkemin. -> Au revoir, un peu plus formel.

- Nähdään ! -> A bientôt (correspond vraiment bien à "See you", Nähdä étant le verbe "voir").

- Nähdään huomenna ! -> A demain.

Tant qu'on y est, apprenons les jours
de la semaine.
Maintenant, les formalités d'usage :

Kiitos ! -> Merci.

- Ei kesta. -> De rien.

- Ei se mitään. -> Pas de problème.

- Mitä kuuluu ? -> Comment ça va ?

- Kiitos hyvää ! Enta sinulle ? -> Merci, ça va. Et toi/vous ?

- Tervetuloa ! -> Bienvenue

- Hauska tavata ! / Hauska tutustua ! -> Enchanté / Ravi de faire ta/votre connaissance.

- Hyvää matkaa ! -> Bon voyage !

Et, important, comment dire oui et non :

- Joo. -> Oui pas très engagé mais oui quand même. Correspond au "yeah" anglais, peut-être un peu au "ouais" français. C'est un élément central des conversations typiquement finlandaises, qui peuvent être parfois...courtes.

- Kyllä. -> Oui plus classique.

- Ei. -> Non. C'est aussi un élément important de la négation du côté grammaire, j'en parlerai peut-être plus tard si ça vous intéresse d'en savoir plus sur la langue.

Et voilà, c'était les premiers mots de finnois. J'espère que ça vous a pas trop ennuyé et que vous en retiendrez quelques uns.

Nähdään !